ADEB LONODJI rassemble le peuple bedjond, peuple d’origine de Bédjondo selon les travaux de Djarangar Djita Issa, également désigné ailleurs par le terme nangnda. Sa langue, une langue sara de la famille nilo-saharienne, est parlée dans le Mandoul Occidental et l’est du Logone Oriental, autour de Bédjondo, sous plusieurs variantes : bedjond (celle de Bédjondo même), bebote, yom, pen et maguer.
Un pays bedjond qui s’étend jusqu’à Nya Pende
Le pays bedjond s’étend du Mandoul Occidental jusqu’à environ un kilomètre de Nya Pende, et regroupe notamment les villages de Bédjondo, Bébopen, Béti, Béboto, Bedjo, Yomi et Maguer.
Ce que l’association ajoute aujourd’hui déplace légèrement cette limite : elle est franchie. Dans le département de La Nya Pendé (chef-lieu Goré, province du Logone Oriental), la sous-préfecture de Yamodo abrite elle aussi des populations d’origine bedjond. Aucune source publique ne le documente : l’enquête de la SIL, menée dans la région de Doba, ne remontait pas jusque-là, et c’est donc la connaissance de terrain de l’association qui l’établit. Reste à en dresser la liste des villages — si vous en connaissez, écrivez-nous.
Kokotan, une association déjà bien installée
La transmission de cette langue aux jeunes générations est portée, sur le terrain, par l’association Kokotan. Présidée par Benayal Ndoloum Yassa, elle a tenu sa 10e assemblée générale à Bédjondo en avril 2023, sous l’ouverture officielle du préfet du Mandoul Occidental — un signe de la reconnaissance institutionnelle dont bénéficie déjà ce travail de terrain, et un dixième anniversaire qui témoigne d’une action dans la durée bien avant la réactivation d’ADEB LONODJI.
Des travaux de référence pour documenter la langue
Cette langue et cette histoire sont aujourd’hui documentées par des travaux de référence — notamment ceux de Djarangar Djita Issa sur le parler de Bédjondo, de Bé-Rammaj Miaro-II sur l’histoire des Sara du Tchad, ou le Lexique Nangnda de Roger Dinguemrebeye et John M. Keegan. La thématique Culture & patrimoine vivant d’ADEB LONODJI s’inscrit dans cette même démarche : faire vivre la langue, les traditions et la mémoire de la communauté, en lien avec des initiatives déjà actives sur le terrain comme Kokotan plutôt qu’en les concurrençant.
Le détail de ces travaux et de leurs sources est réuni dans la base de recherche.
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