Environnement & ressources naturelles

Environnement & durabilité

Un forage sans réparateur, un bois coupé pour la cuisine, une batterie abandonnée dans un champ : la durabilité se joue sur ces détails. Voici ce que nous savons déjà, la grille que nous appliquons désormais à chacun de nos projets, ce que l’économie verte et circulaire peut vouloir dire ici, et ce qui reste à établir.

Pourquoi cette page

Deux sens au mot « durable »

Un projet durable, c’est d’abord un ouvrage qui fonctionne encore dans cinq ans : quelqu’un l’entretient, avec de l’argent prévu pour cela. C’est ensuite un ouvrage qui n’abîme pas ce dont Bédjondo vit : l’eau, les arbres, les terres cultivables.

Le premier sens était déjà bien traité sur ce site, dispersé entre plusieurs pages. Le second l’était peu. Cette page rassemble le premier et ouvre le second, avec la même règle que partout ailleurs : nous écrivons ce qui est établi, et nous nommons ce que nous ignorons. Elle relève de la thématique Environnement & ressources naturelles, qui cherche encore son coordonnateur.

Ce que le site établit déjà

Six constats déjà publiés

  • Le bois-énergie. La coupe du bois et la dégradation des terres cultivables figurent parmi les problématiques recensées ; la décision relève de la province.
  • Les déchets. Aucun dispositif connu d’assainissement ni de gestion des déchets, dans une ville qui a grandi sans plan (problématiques).
  • L’eau. Le château d’eau ne desservirait qu’un village de la commune et s’arrête faute de carburant ; aux champs, tout dépend de la pluie. Le pompage solaire rend réaliste une mini-adduction pour une ville de la taille de Bédjondo (plaidoyer eau potable).
  • Le climat. La campagne agricole 2026 a connu un retard d’installation des pluies (agriculture) ; le changement climatique réduit les pâturages et pousse les troupeaux vers le sud, une des causes des conflits de champs (paix entre agriculteurs et éleveurs).
  • Les bois sacrés. Ni recensés ni protégés ; « un bois coupé ne revient pas » (lieux sacrés).
  • Un modèle proche. Le village climato-intelligent de Bédogo 2, dans le Mandoul, créé par le ProPAD avec forage solaire et périmètre clos (ONG & partenaires).
Notre règle

L’entretien avant l’inauguration

« Un forage sans réparateur, un lampadaire sans budget de batteries, une salle sans menuisier : nous demandons systématiquement qui entretient, avec quel argent, formé par qui. » Cette règle, énoncée sur notre page Décentralisation, se traduit déjà en trois engagements :

  • une convention écrite qui dit qui possède, qui gère et qui entretient, pour tout ouvrage que nous cofinançons (décentralisation, et nos engagements pour le magasin de stockage) ;
  • une ligne budgétaire « infrastructures et entretien » que nous proposons à la commune, pour que l’entretien ne dépende pas du prochain budget (note à la commune) ;
  • la formation de jeunes de Bédjondo à l’entretien, raison pour laquelle la formation professionnelle est devenue un de nos dossiers centraux.
Deux mots à expliquer avant de les employer

Économie verte, économie circulaire

Ces deux expressions reviennent dans tous les programmes de développement. Nous les employons ici, mais pas sans les traduire.

L’économie verte, c’est gagner sa vie sans épuiser ce dont on vit. Un maître-pompier formé à l’entretien des forages solaires, un pépiniériste, un maçon qui bâtit avec des matériaux du pays : ce sont des métiers verts, et ce sont d’abord des métiers.

L’économie circulaire, c’est refuser la ligne droite « acheter, utiliser, jeter ». On répare, on réutilise, on transforme le déchet de l’un en matière première de l’autre. À Bédjondo, beaucoup de familles le font déjà par nécessité : un bidon devient arrosoir, une chambre à air devient courroie. Ce n’est pas une idée importée qu’il faudrait enseigner ; c’est une pratique existante qu’il s’agit d’outiller, de former et, quand c’est possible, de rémunérer.

L’enjeu est aussi financier, et il vaut la peine d’être dit simplement : chaque pièce que l’on ne sait pas réparer est une somme qui quitte le territoire. Une filière de réparation garde cet argent à Bédjondo et le transforme en salaire local. C’est la même logique que notre règle de l’entretien avant l’inauguration, vue du côté de l’économie.

Six pistes

Ce que la circularité pourrait vouloir dire ici

Soyons clairs sur le statut de ce qui suit : aucune de ces filières n’est ouverte, aucune n’a de budget, aucune n’a de responsable. Ce sont des pistes de travail pour la thématique 06, écrites ici pour qu’un coordonnateur trouve quelque chose à reprendre plutôt qu’une page blanche. La troisième question de notre grille — « que deviennent les déchets ? » — est la porte d’entrée de chacune d’elles.

Piste

Réparation et réemploi

Motos, pompes, panneaux, téléphones, mobilier scolaire : à Bédjondo, ce qui casse est souvent remplacé parce que personne ne sait le réparer. Former des réparateurs, c’est à la fois un métier pour un jeune, une dépense évitée pour une famille et un déchet de moins. C’est le lien direct entre cette page et le dossier formation professionnelle.

Piste

Déchets organiques et compost

Les déchets du marché et des concessions sont en grande partie organiques. Transformés en compost, ils reviennent aux champs au lieu de s’entasser : moins d’engrais acheté, des sols moins fatigués. Nous ne savons pas encore où vont ces déchets aujourd’hui — c’est l’une de nos questions ouvertes.

Piste

Résidus agricoles et biomasse

Tiges de sorgho et de mil, balles de riz, coques d’arachide, bouses : autant de matière brûlée ou laissée sur place. Ailleurs au Sahel, elle sert de combustible en briquettes, de litière ou de fertilisant. Avant de promettre quoi que ce soit, il faudrait mesurer les volumes réellement disponibles à Bédjondo.

Piste

Plastiques et emballages

Sachets, bidons, bouteilles : la ville a grandi sans dispositif connu de collecte (problématiques). La première étape n’est pas un centre de tri, c’est de savoir qui ramène déjà quoi, et à qui — il existe presque toujours des récupérateurs informels, jamais comptés.

À établir

Batteries, panneaux, équipements électroniques

C’est notre angle mort le plus net. Le pompage solaire et l’éclairage que nous défendons produiront des batteries et des panneaux en fin de vie, et aucune filière de reprise n’est identifiée à ce jour, ni à Bédjondo ni au Tchad à notre connaissance. Nous ne cofinancerons pas d’équipement solaire sans avoir posé la question au fournisseur.

Engagé

Bois, arbres et matériaux locaux

Le bois-énergie et la dégradation des terres figurent déjà parmi nos problématiques, et les bois sacrés ne sont ni recensés ni protégés. Reboiser, cuisiner avec moins de bois, bâtir avec des matériaux du pays plutôt qu’importés : c’est le cœur de la thématique 06.

La grille

Cinq questions pour chaque projet

1. Qui entretient ?

Une personne ou un comité nommé, pas « la communauté ».

2. Avec quel budget ?

Une recette régulière prévue pour l’entretien et les pièces, pas seulement l’achat.

3. Que deviennent les déchets ?

Batteries, panneaux, ordinateurs, sacs, huiles : où vont-ils en fin de vie ?

4. Quel effet sur l’eau et les arbres ?

Le projet consomme-t-il de l’eau, du bois, du carburant ? Abat-il des arbres ?

5. Qui est formé ?

Des jeunes de Bédjondo capables de réparer, pas seulement d’utiliser.

Chaque réponse est notée Établi (la réponse est écrite et publiée ; cela ne veut pas dire que c’est déjà fait), En partie ou À établir. Nous proposons une règle simple, à soumettre à l’assemblée générale : aucun chantier ne démarre tant que les questions 1 et 2 restent « à établir ».

Où en sont nos projets

La grille appliquée à nos six projets

Le détail de chaque réponse se trouve sur la page du projet.

ProjetEntretienBudgetDéchetsEau & arbresFormation
L’espace numériqueÉtabliEn partieÀ établirEn partieÉtabli
L’éclairage solaire du marchéEn partieÉtabliÀ établirEn partieÀ établir
Le magasin de stockage communautaireEn partieÀ établirÀ établirEn partieÉtabli
Les dronesÀ établirÀ établirÀ établirEn partieEn partie
Air BedjondoÀ établirÀ établirÀ établirÀ établirÀ établir
Le complexe sportifEn partieÀ établirÀ établirEn partieEn partie

Constat honnête : la question des déchets n’a de réponse pour aucun projet. Aucune filière de reprise des batteries usagées n’est identifiée à ce jour ; c’est le premier point à établir.

Ce que nous ignorons

Sept questions ouvertes

  • Quelle part des familles de Bédjondo cuisine au bois ou au charbon de bois, et d’où vient ce bois ?
  • Quel est l’état de la nappe et le débit des forages existants, en saison sèche ?
  • Existe-t-il, au Tchad ou dans la région, une filière de reprise des batteries et des panneaux solaires usagés ?
  • Comment évoluent les surfaces boisées autour de la ville et des villages ?
  • Où vont aujourd’hui les déchets de la ville et du marché ?
  • Combien de réparateurs — motos, pompes, électronique — exercent déjà à Bédjondo, et de quoi manquent-ils ?
  • Quels volumes de résidus agricoles la campagne laisse-t-elle chaque année, et qu’en fait-on ?

Chacune peut devenir une enquête de terrain. Si vous avez une réponse documentée, écrivez-nous : nous la publierons avec sa source.

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Foncier, reboisement et lutte contre la déforestation liée au bois de chauffe, gestion durable de l’eau, adaptation aux aléas climatiques, économie verte et circulaire : c’est le champ de la thématique 06. Agronome, forestier, hydraulicien, enseignant ou simple habitant attentif : votre regard compte.

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