Protection sociale & inclusion

Jeunes mères, orphelins, personnes isolées

Le Mandoul est exclu du grand programme national de filets sociaux. Voici ce que les données établissent, ce qu’un lycée voisin a trouvé comme réponse, sept mesures à notre portée — en commençant par le document qui décide de tout : l’acte de naissance — et une proposition de caisse d’entraide et de développement économique communautaire.

En trois phrases

  1. Ce plan vise les jeunes mères, les orphelins et les personnes isolées de Bédjondo, dans un Mandoul exclu du grand programme national de filets sociaux.
  2. Au Tchad, 61 % des filles sont mariées avant 18 ans, et un enfant sans acte de naissance n’existe pas administrativement.
  3. ADEB LONODJI propose sept mesures et s’engage à cofinancer, avec la commune et l’état civil, une première campagne d’actes de naissance.
Personnes vulnérables · trois situations, un même engagement

Ce plan est l’un de trois

ADEB LONODJI tient un plan complet pour chacune des situations les plus exposées à Bédjondo : celui-ci, pour les jeunes mères, les orphelins et les personnes isolées ; un pour les personnes en situation de handicap ; un pour les veuves. Les trois partagent la même exigence : aucun nom publié, aucun chiffre avancé pour Bédjondo avant d’avoir compté, et la même règle que nous nous imposons avant de la demander à d’autres — ne jamais dire qu’un plan est appliqué avant qu’il le soit.

Notre règle avant tout

Comment nous parlons de ces situations

Une jeune mère, un enfant sans soutien, une personne âgée seule : ce sont des situations, pas des identités. Sur ce terrain, la manière de parler fait partie du travail, parce qu’un mot de trop enferme quelqu’un dans son malheur pour le reste de sa vie dans un village où tout le monde se connaît. Quatre règles, donc, et elles ne sont pas négociables.

Aucun nom, aucun détail identifiant

Nous ne publions jamais le nom, l’école, le quartier ni la photographie d’un enfant ou d’une jeune mère. Les témoignages que nous recueillons sont anonymisés avant toute publication, et ceux qui concernent des mineurs ne sont pas publiés du tout.

Nous ne jugeons pas les causes

Notre objet est ce qui suit : l’école qu’on peut reprendre, l’acte de naissance qui manque, le métier qu’on peut apprendre. Les circonstances relèvent de la vie privée des familles, pas d’une page de site.

L’enfant d’abord

L’enfant d’une jeune mère est un enfant de Bédjondo, avec les mêmes droits que les autres : un acte de naissance, une place à l’école, des vaccins. C’est par lui que nous raisonnons.

Des données confiées, pas collectées

Tout recensement de situations de vulnérabilité comporte un danger : la liste. Nous n’en publions aucune, nous n’en détenons aucune sans l’accord des intéressés, et nous disons plus bas à quelles conditions strictes un registre social peut exister.

Les chiffres

Ce que les données nationales établissent

Au Tchad, d’après l’enquête à indicateurs multiples de 2019, 24 % des filles sont mariées avant quinze ans et 61 % avant dix-huit ans, contre 8 % des garçons. Le pays figure ainsi parmi ceux où la pratique est la plus répandue au monde. Et 44 % des filles commencent leur vie féconde entre quinze et dix-neuf ans, selon le rapport du Tchad au Comité africain d’experts sur les droits de l’enfant.

Deux précisions comptent pour nous, et elles vont dans des sens opposés. D’abord, le Mandoul ne figure pas parmi les provinces les plus touchées pour les filles : les taux les plus élevés sont relevés au Chari-Baguirmi (70 %), au Mayo-Kebbi Est (66 %), au Guéra (63 %), au Salamat (61 %) et au Kanem (60 %). Ensuite, et c’est moins connu, le Mandoul est la troisième province du pays pour le mariage précoce des garçons, à 14 %, derrière le Logone Oriental (23 %) et le Logone Occidental (17 %). Chez nous, le mariage d’enfants n’est donc pas seulement une affaire de filles : c’est une donnée à garder en tête avant de concevoir une action.

Les déterminants ne laissent guère de place au débat : 57 % des femmes sans instruction ont été mariées avant dix-huit ans, contre 21 % de celles qui ont suivi des études supérieures ; et 54 % des filles des ménages les plus pauvres sont concernées. La pratique se retrouve dans toutes les confessions, avec des écarts faibles. Autrement dit : c’est l’école et le revenu qui font la différence, pas la culture.

L’école, justement, perd les filles en chemin. Sur une génération, 70 % achèvent le primaire, 30 % atteignent le secondaire, 15 % le terminent et 5 % accèdent au supérieur. Parmi les causes relevées : le mariage, la grossesse, les travaux domestiques, la distance, l’absence de latrines et de moyens d’hygiène menstruelle — et aussi, les sources nationales le disent sans détour, le harcèlement et les violences subies en milieu scolaire, y compris de la part d’adultes de l’établissement. Ce dernier point n’est pas un problème de comportement : c’est une absence de mécanisme de signalement, et cela se corrige.

Près de nous

Un lycée voisin a trouvé une réponse — et elle est copiable

Une étude universitaire publiée en 2025 a documenté la grossesse en milieu scolaire dans la province voisine du Moyen-Chari, à Sarh, sur la période 2020–2023. Les chiffres d’un seul établissement suffisent à mesurer l’ampleur : au lycée Ahmed Mangué, 42 élèves enceintes sur 640 filles à la rentrée 2021-2022, puis 54 à la rentrée suivante. Les niveaux les plus touchés étaient les classes d’examen.

L’étude relève surtout deux traitements opposés du même fait. Les établissements privés excluaient systématiquement les élèves enceintes — une exclusion qui met fin à la scolarité et enferme la situation. Le lycée public, lui, a créé un club de soutien assurant un accompagnement psychosocial, une éducation sanitaire et une formation aux activités génératrices de revenus. C’est, de tout ce que nous avons trouvé, le dispositif le plus immédiatement transposable à Bédjondo : il ne demande ni loi nouvelle, ni financement national, seulement une décision du chef d’établissement et deux ou trois adultes constants.

Les orphelins

Ce que nous avons cherché, et ce que nous n’avons pas trouvé

Par honnêteté, il faut le dire nettement : nous n’avons trouvé aucun chiffre public fiable sur le nombre d’orphelins et d’enfants sans soutien parental au Tchad, et a fortiori aucun à l’échelle du Mandoul Occidental. Il existe un cadre national de prise en charge des orphelins et enfants rendus vulnérables, conçu à l’origine autour du VIH, mais le rapport du Tchad au Comité africain d’experts reconnaît lui-même l’absence de données chiffrées sur les enfants privés de milieu familial, l’adoption et le placement.

Le cadre juridique, lui, existe en partie et progresse lentement. La loi 006/PR/2002 relative à la santé de la reproduction interdit les mutilations génitales féminines et le mariage précoce ; une ordonnance adoptée en 2015 a porté l’âge minimum du mariage de quinze à dix-huit ans pour les filles comme pour les garçons, sans exception ; la loi 007/PR/99 organise la justice des mineurs ; la loi 008/PR/2013 régit l’état civil ; et le code du travail fixe l’âge minimum d’admission à l’emploi à quatorze ans. Mais le code de protection de l’enfant, qui traiterait notamment de l’adoption et du placement, est encore à l’état de projet. Comme le code pastoral, c’est un texte en attente : autant que Bédjondo soit prête à l’appliquer le jour de sa promulgation.

Une conséquence pratique mérite d’être isolée, parce qu’elle est invisible et qu’elle décide de tout : un enfant sans acte de naissance n’existe pas administrativement. Il ne peut être inscrit à un examen, ni bénéficier d’une bourse, ni figurer dans un registre social, ni hériter. C’est le premier obstacle rencontré par les enfants orphelins et par les enfants de jeunes mères non mariées, et c’est aussi le plus facile à lever.

Le trou structurel

Le Mandoul est hors du filet

Un constat revient dossier après dossier, et il finit par former un motif. Le Projet de filets de sécurité adaptatifs et productifs, le plus ambitieux programme de protection sociale du pays — 120 millions de dollars, 781 200 bénéficiaires directs, soit 62 200 ménages — intervient dans neuf provinces : Batha, Ennedi-Est, Kanem, Logone Oriental, Mayo-Kebbi Ouest, Ouaddaï, Salamat, Sila et Wadi Fira. Le Mandoul n’en fait pas partie.

Ce n’est pas un cas isolé. Le grand programme pastoral du pays, le PRAPS-2, couvre treize provinces sahéliennes : le Mandoul n’y est pas non plus. Deux programmes majeurs, deux exclusions.

Il faut ici corriger ce que nous écrivions auparavant, car c’est important et à notre avantage. Nous rangions dans cette liste un troisième programme, le projet d’appui au secteur de la santé de l’Agence française de développement, dont la troisième phase — onze millions d’euros, lancée en juin 2023 — couvre en effet N’Djamena, le Logone Occidental et le Ouaddaï, et non le Mandoul. Mais la même agence finance chez nous le projet d’appui à la santé familiale et de lutte contre les violences basées sur le genre, qui cible explicitement le Mandoul et le Logone Oriental, avec CARE, le Bureau d’appui santé et environnement et le Groupe URD. C’est sous sa deuxième phase que des prestataires du Mandoul ont été formés aux soins obstétricaux d’urgence en septembre 2026. Il n’y a donc pas d’exclusion sur ce point : l’Agence française de développement est au contraire le bailleur qui ne nous exclut pas, et c’est une porte ouverte plutôt qu’un grief. Nous l’avons retirée de la liste.

Nous n’y voyons aucune malveillance : les critères de ciblage privilégient logiquement les zones de crise alimentaire aiguë et d’accueil de réfugiés, où le Mandoul ne figure pas. Mais l’effet cumulé est réel et il est mesurable : une province qui produit, qui n’est pas en crise et qui reste pauvre finit par n’être éligible à rien. C’est l’argument central que nous portons, et il vaut pour les jeunes mères et les enfants sans soutien autant que pour les éleveurs et les malades.

Notre proposition

Sept mesures, dans l’ordre du possible

1. L’acte de naissance d’abord. Une campagne d’établissement et de régularisation des actes de naissance à Bédjondo et dans les cantons, avec la commune et l’état civil, en ciblant d’abord les enfants orphelins, les enfants de mères non mariées et les enfants en âge d’examen. C’est la mesure la moins coûteuse et celle qui débloque toutes les autres.

2. Un club de soutien au lycée de Bédjondo, sur le modèle documenté à Sarh : accompagnement des élèves enceintes ou jeunes mères, éducation sanitaire, et formation à une activité génératrice de revenus. Deux ou trois adultes constants suffisent à le faire exister.

3. La réadmission écrite. Demander à l’inspection départementale une note écrite et affichée indiquant qu’aucune élève n’est exclue en raison d’une grossesse et que la réinscription après accouchement est de droit. Une règle affichée protège mieux qu’une bienveillance individuelle, parce qu’elle survit au changement de directeur.

4. Garder les enfants pendant les cours et les examens. Sans solution de garde, une jeune mère ne revient pas en classe, quelle que soit la règle. Une salle, un roulement de volontaires, un calendrier calé sur les examens : c’est artisanal et c’est décisif.

5. Latrines séparées, eau et hygiène menstruelle dans chaque établissement. Ce point figure déjà dans nos plaidoyers sur l’eau et l’école : il est ici la première cause d’absences répétées, puis d’abandon.

6. Un mécanisme de signalement dans les établissements. Les sources nationales citent le harcèlement et les violences subies à l’école, y compris de la part d’adultes. Une boîte de signalement, un référent désigné qui n’est pas le mis en cause, une procédure écrite : c’est exactement ce que nous nous sommes imposé à nous-mêmes sur notre page Redevabilité, et cela se transpose.

7. Bourses et apprentissage. Un fonds de bourses de la diaspora réservé aux orphelins et aux jeunes mères qui reprennent l’école, et un accès prioritaire aux formations courtes du centre de formation professionnelle — couture, agro-transformation, numérique — pour celles et ceux qui ne reprendront pas.

Le registre social, et à quelles conditions

Un ciblage sérieux suppose de savoir qui a besoin d’aide. Mais une liste d’enfants vulnérables est un objet dangereux : elle stigmatise, elle circule, elle sert à autre chose que ce pour quoi elle a été faite. Nous proposons donc qu’un registre social communal n’existe qu’à cinq conditions cumulatives : il est tenu par le service social de la commune et par personne d’autre ; aucun nom n’est publié, jamais, sous aucune forme ; l’inscription se fait avec l’accord du tuteur ou de l’intéressé, qui peut demander son retrait ; l’accès est nominativement limité et consigné ; et sa finalité est écrite et unique — l’appui scolaire et l’accès aux aides. ADEB LONODJI n’en détiendra pas de copie. Si ces conditions ne peuvent être garanties, il vaut mieux ne pas faire le registre.

Ce qu’ADEB LONODJI s’engage à faire

Nous nous engageons :

  • à organiser et cofinancer, avec la commune et l’état civil, une première campagne d’actes de naissance
  • à doter le club de soutien du lycée de son matériel de départ et à mettre en relation ses animateurs avec ceux du lycée de Sarh, qui ont dix ans d’avance sur nous
  • à ouvrir le fonds de bourses avec notre diaspora, réservé en priorité aux orphelins et aux jeunes mères qui reprennent leur scolarité
  • à ne jamais publier ni détenir de liste nominative de personnes en situation de vulnérabilité
  • à demander l’ouverture d’une fenêtre Mandoul dans le projet national de filets sociaux, en joignant ce dossier
Honnêteté

Ce que nous ne savons pas

Nous ignorons combien de filles quittent l’école chaque année à Bédjondo et pour quel motif. Nous ne connaissons ni le nombre d’élèves enceintes ou jeunes mères dans les établissements de la ville, ni la pratique de chaque établissement à leur égard. Nous n’avons aucune estimation du nombre d’enfants orphelins ou sans soutien parental dans le département, ni du nombre d’enfants dépourvus d’acte de naissance — alors que c’est probablement le chiffre le plus utile de tous. Nous ne savons pas si un service social communal existe aujourd’hui, ni quelles associations locales accompagnent déjà ces situations, et nous souhaitons précisément ne pas doubler leur travail.

Nous demandons ces informations à l’inspection départementale, à l’état civil et aux services sociaux, et nous les publierons ici avec leur source. En attendant, aucune de ces lacunes ne sera comblée par une estimation de notre part.

Sources : Atlas du mariage des enfants, Filles Pas Épouses / Girls Not Brides, d’après l’enquête MICS 2019 du Tchad (24 % avant quinze ans, 61 % avant dix-huit ans, 8 % des garçons ; répartition provinciale ; déterminants liés à l’instruction et au revenu ; ordonnance de 2015 portant l’âge minimum à dix-huit ans) ; République du Tchad, rapport initial au Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (44 % des filles commençant leur vie féconde entre quinze et dix-neuf ans ; loi 006/PR/2002 sur la santé de la reproduction ; loi 007/PR/99 sur la justice des mineurs ; loi 008/PR/2013 sur l’état civil ; code du travail 038/PR/96 ; projet de code de protection de l’enfant) ; Masra Ngakoutou et al., La grossesse en milieu scolaire dans la province du Moyen-Chari, Éditions ACAREF, 2025 (lycée Ahmed Mangué de Sarh : 42 élèves enceintes sur 640 filles en 2021-2022, 54 en 2022-2023 ; exclusion dans les établissements privés ; club de soutien dans l’établissement public) ; INEE, La déperdition scolaire des élèves-filles au Tchad (70 % achèvent le primaire, 30 % atteignent le secondaire, 15 % le terminent, 5 % accèdent au supérieur ; causes relevées dont le harcèlement en milieu scolaire) ; Banque mondiale, communiqué du 21 juin 2024 (Projet de filets de sécurité adaptatifs et productifs : 120 millions de dollars, 781 200 bénéficiaires directs, 62 200 ménages, neuf provinces d’intervention dont le Mandoul ne fait pas partie) ; PRAPS-2 Tchad pour la seconde exclusion citée ; Agence française de développement, communiqué du 26 juin 2023 (PASST3 : onze millions d’euros, quatre ans, N’Djamena, Logone Occidental et Ouaddaï) et Groupe URD, fiche du projet PASFASS (mars 2019 – décembre 2023, provinces du Mandoul et du Logone Oriental, opérateurs CARE, BASE et Groupe URD) pour la correction apportée sur la santé. Ce dossier relève des thématiques Protection sociale & inclusion, Genre & autonomisation des femmes et Jeunesse & réussite.

Notre proposition · Entraide économique

Un chantier complémentaire : l’entraide économique et le développement communautaire

La thématique Protection sociale & inclusion ne se limite pas aux jeunes mères et aux orphelins : elle porte, dans sa définition même, l’idée d’une caisse d’entraide entre membres face aux décès, aux maladies et aux coups durs — l’entraide est même dans le nom de l’association (Association de Développement et d’Entraide de Bédjondo). Nous n’avons aujourd’hui ni caisse, ni règlement, ni trésorier désigné pour cela : ce qui suit reprend cette première piste et l’élargit à trois autres chantiers, comme une proposition à construire avec les membres, pas un dispositif déjà en place.

1. Une mutuelle ou caisse de solidarité. Une cotisation régulière et modeste, versée par les membres à Bédjondo et dans la diaspora, alimentant un fonds d’urgence mobilisable en cas de décès, de maladie grave ou de catastrophe (incendie, inondation). Le principe existe déjà dans nos cotisations : il s’agirait d’une ligne dédiée, distincte du fonctionnement courant de l’association, avec des règles de déclenchement écrites et un trésorier désigné en assemblée — sur le modèle de redevabilité que nous nous imposons déjà sur la page dédiée.

2. Tontines et microcrédit pour les activités génératrices de revenus. La tontine — une cotisation tournante entre un groupe restreint qui se connaît — est une pratique ancienne et répandue en Afrique subsaharienne, y compris au Tchad, et elle ne demande aucune institution extérieure pour exister. Nous proposons d’aider à structurer des groupes de tontine par quartier ou par activité (maraîchage, petit commerce, artisanat), puis, une fois la confiance et l’épargne groupée établies, d’explorer un partenariat avec une institution de microfinance présente au Tchad pour des prêts plus importants. Nous n’avons identifié à ce jour aucune institution de microfinance active à Bédjondo même : c’est une question que nous posons, pas une réponse que nous détenons.

3. Formation et renforcement de compétences. Alphabétisation des adultes, formations courtes (agro-transformation, couture, maçonnerie, numérique) via le centre de formation professionnelle déjà identifié dans nos plaidoyers, et mentorat des jeunes par les aînés de la diaspora via notre espace numérique. C’est un préalable à la réussite des deux points précédents : une caisse ou un crédit mal gérés font plus de mal que de bien.

4. Infrastructures communautaires de base. Eau, santé, routes et éducation figurent déjà dans nos plaidoyers dédiés et sur la carte des besoins : nous ne les répétons pas ici. Ce que nous ajoutons, c’est le lien avec l’entraide : une caisse de solidarité ou une tontine peut financer un petit chantier communautaire (réfection d’un point d’eau, achat de matériel pour une salle de classe) sans attendre un bailleur extérieur, en complément — jamais en remplacement — du plaidoyer institutionnel.

Ce qu’ADEB LONODJI s’engage à faire

Nous nous engageons :

  • à proposer en assemblée générale la création d’une caisse de solidarité, avec règlement écrit et trésorier désigné
  • à recenser, avec l’accord des intéressés, les groupes de tontine déjà actifs à Bédjondo pour nous appuyer sur l’existant plutôt que de recommencer
  • à identifier une institution de microfinance pouvant intervenir dans le Mandoul
  • à ouvrir les formations courtes aux membres de la caisse en priorité, pour que l’appui économique s’accompagne toujours d’un appui en compétences

Ce chantier est une proposition, pas un bilan : aucune caisse de solidarité ni groupe de tontine n’est aujourd’hui géré par ADEB LONODJI, et nous ignorons combien de groupes de tontine existent déjà à Bédjondo de manière informelle. La tontine comme pratique d’épargne rotative communautaire est documentée de longue date en Afrique de l’Ouest et centrale ; nous ne citons ici aucun chiffre propre au Tchad ou à Bédjondo que nous n’aurions pas vérifié. Ce dossier relève de la thématique Protection sociale & inclusion et de la cellule Financement & ressources.

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